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mercredi 23 avril 2008

MARIE ANGELIQUE LE BLANC DIT L'ENFANT SAUVAGE



1712 : naissance dans la tribu indienne des Renards entre le lac Michigan et le Mississipi.


1718 : Elle est offerte comme butin de guerre à Mme de Courtemanches, française du Canada.


12 septembre 1720 : Elle embarque pour la France avec les Courtemanches et une petite esclave noire sur l'Aventurier, un morutier.


20 octobre 1720 : elle débarque à Marseille en pleine épidémie de peste.


novembre 1721 : elle prend la fuite avec la petite noire. Elles vont vivre ne forêt durant une décennie.


septembre 1731 : à Songy (51 240 Marne) , elle est aperçue dans un pommier à manger des fruits. Le petite noire est abattue par un chasseur.

Elle est capturée est amenée chez M. d'Epinoy le noble du village. Elle y est nettoyée.


30 octobre 1731 : elle est placée à l'hôpital municipale de Saint-Maur.


décembre 1731 : Le Mercure de France lui consacre deux articles, faisant connaitre son histoire à Paris puis à l'Europe.


16 juin 1732 : elle est baptisée et reçoit les prénoms de Marie-Angélique Memmie et le patronyme Leblanc.

Elle est ensuite pensionnaire de couvents à Châlons où elle reçoit une éducation de jeune fille de l'époque et elle retrouve la parole.


1737 : Marie Opalinska, mère de Marie Leszcynska, l'épouse de Louis XV, écrit à sa fille en faveur de Marie-Angélique.


1744 : Louis (1703-4-2-1752) duc d'Orléans, fis du Régent, la visite et la prend sous sa protection. Il lui accorde une pension de 600 livres par an. C'est à cette époque qu'elle prend le voile à Paris.


septembre 1747 : Elle rencontre le naturaliste Charles-Marie de La Condamnine.


1750 : elle est mentionnée dans le Journal des nouvelles catholiques appartenant aux Nouvelles Catholiques de la rue Saint-Anne à Paris.


1751-1752 : elle vit au couvent de Sainte-Perrine à Chaillot, jusqu'à la mort du duc d'Orléans.


septembre 1755 : Elle rencontre chez Mme de Luynes, la reine de France.


1761 : Parution de L'Histoire d'une jeune fille sauvage trouvée dans les bois à l'âge de dix ans, par Mme Hecquet (peut-être La Condamnine)


15 décembre 1775 : Elle meurt. (d'autres sources donnent 1788)

VICTOR DE L'AVEYRON DIT L'ENFANT SAUVAGE


Victor de l'Aveyron est un enfant sauvage, qui serait né vers 1790 dans l'Aveyron.


Le 8 janvier 1800, un enfant nu, voûté, aux cheveux hirsutes, est débusqué par trois chasseurs. Il s'enfuit, sort des bois et se réfugie dans la maison du teinturier Vidal, à Saint-Sernin-sur-Rance. Il ne parle pas et fait des gestes désordonnés. Il est envoyé trois jours plus tard à Saint-Affrique puis à Rodez.


C'est un certain abbé Bonnaterre qui le récupère et l'emmène à l'École centrale. Le ministre Lucien Bonaparte réclame son transfert à Paris. Il arrive donc dans la capitale le 6 août 1800. Le voilà livré à la curiosité de la foule et des savants. Toutes sortes d'hypothèses, même les plus absurdes, ont été formulées à son sujet. En particulier on ne saura jamais si son retard mental était dû à son isolement ou si un handicap mental préalable avait conduit à son abandon vers l'âge de deux ans.


En 1801, Victor est confié au docteur Jean Itard. Personne ne croit à sa réinsertion sociale, mais Jean Itard s’attelle à la tâche. Il publiera un mémoire la même année et un rapport en 1806 sur ses travaux avec Victor de l’Aveyron. Pendant cinq années, il a travaillé avec cet enfant à sa réinsertion sociale, mais a considéré comme un échec personnel son incapacité – ou son refus ? – à parler.


Victor est confié à une certaine madame Guérin qui le soigne pendant 17 ans, de 1811 à sa mort en 1828, dans une maison de l'impasse Feuillantine. En 1970, François Truffaut s'inspire de l'histoire pour réaliser un film, L'Enfant sauvage.


Lucien Malson publie les écrits du docteur Itard qui cherchait à humaniser le garçon. Il remarque les difficultés qu'il a eu à faire retrouver à l'enfant une sensibilité, des sentiments, une faculté de raisonnement, mais surtout à lui apprendre à communiquer. Itard se demande finalement s'il n'aurait pas mieux fallu le laisser dans la forêt. Malson déclarera « L'homme à la naissance n'est qu'une espérance ».


Un débat de neutralité, une contre-argumentation s'impose à propos de ce cas validé aveuglément par tous les auteurs. Selon Serge Aroles, un chirurgien auteur de L'Enigme des enfants-loups (2007), qui a mené des investigations dans les archives, Victor de l'Aveyron est un faux cas d'enfant sauvage, comme tant d'autres qu'il a démystifiés :


  1. Victor vit en périphérie des villages, ramassant des navets et des pommes de terre dans les champs cultivés, venant parfois se chauffer dans les maisons lorsqu'il fait trop froid, etc. Ce n'est pas la définition d'un enfant survivant en forêt par ses seules forces(comme le fit la fille sauvage de Champagne, qui survécut dix ans en forêt, 1721-1731)

  2. " Victor n'a développé aucune, absolument aucune aptitude à la survie dans les forêts ; il ne sait même pas casser une noix avec une pierre, ce sont les hommes qui lui apprendront ceci plus tard. "

  3. Serge Aroles rappelle " que le film de Truffaut est... un film !", et que ce garçon ne savait pas grimper aux arbres, avait peur de l'eau, etc., alors que le film nous le " montre perché sur les branches et s'ébrouant dans les rivières."

  4. Bien plus grave, pour Serge Aroles, qui est chirurgien, les cicatrices sur le corps de Victor de l'Aveyron ne sont pas celles d'une vie dans les bois, mais celles d'une maltraitance humaine.

Une statue dédiée à "Victor, l'enfant sauvage de l'Aveyron", a été érigée à Saint-Sernin-sur-Rance. Elle est l'œuvre du sculpteur Rémi Coudrain.